Voyages

Inde – Au fil des saisons

Le cycle des moussons fait le rythme des saisons indiennes. L’hiver, les alizés du nord-est balaient le sous continent de leurs souffles secs. A l’orée de mars, l’air s’échauffe le thermomètre s’affole, grimpant à toute allure ; le ciel assoiffé est chauffé à blanc. La chaleur plonge le pays tout entier dans la torpeur. Et puis arrivent juin et ses vents gorgés d’humidité, venus de la mer, vents de la mousson qui, jadis, gonflaient les voiles des navires marchands de l’Arabie pour les porter vers les côtes indiennes à travers les eaux de la mer d’Oman. Heurtant la chaîne des Ghats occidentaux, les souffles de la mer éclatent en averses torrentielles. A Bombay, on patauge ; à Goa, on barbote, mais qu’importe, la vie reprend son cours, la nature se réveille. Du cap Comorin au Cachemire, la mousson ranime le sous-continent de ses pluies nourricières.

En janvier, Pongal est la fête du renouveau et des premières moissons. En remerciement à la terre, on lui fait des offrandes, on pare les cornes des bœufs qui la travaillent aux couleurs de Vishnu et de Shiva. La compagnie placide et paisible des troupeaux évoque le dieu Krishna dans l’imagerie indienne. Pour le sauver des noirs desseins de son oncle Kamsa, qui voulait le tuer comme il l’avait fait pour ses frères et sœurs, il fut confié bébé à la garde du bouvier Nanda. Ainsi Krishna put-il couleur une jeunesse insouciante sur les berges de la Yamuna. Les hymnes qui lui sont consacrés insistent longuement sur cette période heureuse de son existence et sur ses aventures amoureuses innombrables avec les gopi, les bouvières, que le dieu à la peau sombre enchantait des airs tirés de sa flûte traversière.

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