"Cause & Effect", 2007-2008 de Do Ho Suh.
L’Espace culturel Louis Vuitton continue ses voyages artistiques. Après avoir exploré l’Inde dans tous les sens, montré la scène Moscovite et revisité l’Orient, de Beyrouth à Pékin, Louis Vuitton s’intéresse à la jeune création coréenne.
On dit de la Corée que c’est le pays le plus latin de l’Asie. C’est peut-être pour cela que nous nous sentons aujourd’hui si proches de ses artistes. En 1988, les jeux Olympiques de Séoul et l’élection d’un président au suffrage universel marquent le début de la transformation radicale du pays. Vingt ans plus tard, la métarmophose s’est accomplie. Miracle économique, révolution technologique, laboratoire cybernétique, le pays du matin calme est connecté et complètement ouvert sur le monde. Il est en perpétuelle mutation et ses artistes en sont l’incarnation. La création contemporaine coréenne s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique forte, explorant des champs d’investigation singuliers. Louis Vuitton propose dans cette exposition de découvrir ce fascinant bouillonnement créatif.
Les oeuvres des dix artistes présentés sont bien sûr inspirées par la mutation des corps, de la société, et de l’architecture, mais leur préoccupation essentielle reste la quête de l’identité. Hyungkoo Lee réinvente une Galerie de l’Evolution. Il présente des dessins anatomiques et des squelettes qui mélangent des éléments de son propre corps à des personnages de bandes dessinées. Les personnages emboîtés de Do Ho Suh s’extraient en un point pour s’envoler en une spirale. La multiplication de l’individu, dont les forces réunies, permettra d’affronter tous les défis de notre société. La mutation des formes apparaît avec les sculptures de Sookyung Yee. Formes hybrides réalisées en porcelaine traditionnelle, ces oeuvres sont le fruit d’une imagination qui mélange passé et présent. Les peintures figuratives de Suejin Chung forment des scènes surréalistes où l’artiste cherche à représenter ce qui ne se voit pas. Les paysages de Heryun Kim, qui naviguent entre impressionnisme et abstraction, nous donnent à voir les frontières : celle du Nord bien sûr, qui perdurent malgré les tentatives de rapprochement entre les deux Corées, que l’on aimerait savoir un jour totalement pacifiées. L’art n’a pas de frontière et transcende toute considération politique. L’art réconcilie, comme le montre d’une manière humoristique les soldats de plomb de Jeon Joonho. Ces soldats enlacés se mettent à danser sur fond de valse viennoise ! Beom Kim écrit des textes sur l’Art de la Transformation. Ham Jim invente un monde parallèle, miniature, qui aurait survécu à toutes formes de catastrophes, tandis que Yong-seok Oh réalise des vidéo-projections où des images d’archives sont mélangées à des prises de vues actuelles. En exergue de l’exposition, le collectif flyingCity est invité à concevoir une installation autour d’une ville imaginaire dans l’une des vitrines de la Maison des Champs-Elysées. Autant de métaphores d’une humanité post-moderne où l’humour et l’absurde viennent questionner les représentations de l’homme.
Hervé Mikaeloff, commissaire de l’exposition
Jusuq’au 1er mars 2009. Tlj de 12h à 19h, dimanche de 11h à 19h. Espace culturel Louis-Vuitton, 60,rue de Bassano et 101, avenue des Champs Elysées, 8e. M° George-V.