Je pensais en avoir terminé avec cette maudite grève mais je me trompais car….Imaginez un peu la scène (au cinéma on pourrait écrire travelling avant), un salon de coiffure d’une grande chaîne (vous savez ceux « sans rendez-vous » un peu comme les centres Midas pour les voitures) un lundi soir dans Paris, peut être pas le meilleur moment pour être anonyme dans une forêt de cheveux…Les lumières vous rappellent qu’ici vous êtes dans un salon qui ne mégote pas sur l’électricité et la musique vous rappelle aussi que vous êtes sur la planète « djeuns ». A peine ai-je franchit la porte du salon que comme par magie trois personnes en blanc surgissent d’un placard, chacun se regardant pour savoir qui va devoir bosser sur la tête du Monsieur, et puis après quelques secondes d’hésitation la question existentielle arrive « C’est pour une coupe ? ». Deux possibilités soit je teste un humour a deux balles pour détendre l’atmosphère du genre « je voudrais un coco et une grande frites » ou alors très pro, c’est pour une coupe et un shampoing. L’heureuse élue s’appelle Sabrina mais il y a avait aussi Déborah et Nadja…donc sans être chercheur au CNRS, j’en conclus qu’il y a peu de chance de travailler dans un salon de coiffure si votre prénom se termine autrement que par «A ». Donc après la célèbre formule « ce n’est pas trop chaud » et la réponse aussi bateau que « non c’est parfait »….Voici le moment cruciale soit la belle demoiselle enchaîne sur une deuxième question et là vous savez que vous êtes tombés sur la « pipelette » du salon ou alors plus rien et chacun repart dans ses pensées. Malheureusement j’ai eu droit à la deuxième question qui tue… « Alors pas trop dur de venir travailler avec ces grèves ? » et en un éclair tout est remonté à la surface…les baskets…le bus plein comme un œuf à la coque (vu la chaleur à l’intérieur)…enfin bref 15 jours de bonheur total et intense…j’ai donc expliqué mon trajet et ne laissant aucun ange passer dans la conversation, j’ai eu droit à un commentaire pour chaque trajet…en gros c’était Mappy ou Michelin qui étaient en train de me couper les cheveux !!! Et comme j’étais tombé sur une petite vicieuse, pas de coupe à la tondeuse mais tout au ciseau pour faire encore plus durer le plaisir….Lorsque le dernier cheveu gris fut à terre et qu’un peu de gel structura ma coupe (seul moment ou mes épis me laissent en paix), le silence fit son apparition…pendant que ma charmante coiffeuse (pure formule de politesse) faisait ma note en espérant que sa conversation lui donnerait droit un pourboire substantiel, je savourait ce petit moment de silence et après avoir payé et « oublié » le pourboire ce fut un bonheur de rentrer…en métro.