Musique

TOP 50 – Année 1989

Les années 80 se terminent et pour le Top 50, c’est une année très éclectique qui commence. Alors que le « père » (Johnny Hallyday) n’a pas encore placé de titre n°1, c’est David Hallyday qui, avec « High », marque le début de l’année en restant 5 semaines n°1.

Suite au tremblement de terre en Arménie qui fait des milliers de morts, Charles Aznavour et divers artistes enregistrent « Pour toi Arménie ». Comme d’habitude, le public répond en masse : c’est le premier titre à rentrer directement n°1, et il va y rester 10 semaines.

Retour du disco pour le n°1 suivant, puisque Boney M. nous offre un mégamix qui cartonne juste avant l’été et reste 6 semaines en tête des ventes. Venu de Norvège, le groupe Avalanche truste ensuite la place de n°1 pendant 8 semaines avec « Johnny, Johnny come home ».

Après la chanson venue du froid, voici celle qui arrive du chaud, et sûrement l’une des plus célèbres : il s’agit de la Lambada du groupe Kaoma, qui va faire danser la France pendant 12 semaines en tête, devenant la meilleure vente de singles en 1989.

Après un p’tit tour en haut du tour pour Philippe Lafontaine et son « Cœur de loup », c’est au tour de Jive Bunny & The Mastermixers de nous faire danser avec « Swing the Moods » pendant 5 semaines. Enfin, arrive le dernier chanteur à être n°1 dans les années 80 : Roch Voisine (souvent orthographié Rock Voisine à l’époque) avec son tube « Hélène », qui passe 9 semaines en tête.

Focus : L’incroyable histoire de Boney M.

Voici l’histoire de Boney M., dont les compilations permettent aujourd’hui encore à leur producteur Frank Farian d’être assis sur un matelas d’argent.

Au milieu des années 1970, Frank Farian, qui travaille pour la marque allemande Hansa Records, enregistre en studio avec des musiciens de session le titre Baby Do You Wanna Bump? sous le nom de Boney M., qui connaît un grand succès aux Pays-Bas.

Pour profiter de l’aubaine, il assemble un groupe à la va-vite pour en assurer la promotion dans les boîtes de nuit et à la télévision :

  • Il engage des choristes antillaises, dont l’une a succédé à Donna Summer dans la comédie musicale Hair.
  • Bobby Farrell est recruté en tant que danseur, puisque la vraie voix était celle de Frank Farian lui-même.
  • Maizie Williams n’a quant à elle jamais chanté durant toute sa carrière au sein du groupe.
  • La plupart des chansons sont interprétées par Liz Mitchell et Frank Farian, Marcia Barrett assurant les chœurs et quelques parties en solo.

L’image de Boney M. — trois filles prosternées et offertes aux pieds d’un maître vaudou aux allures de proxénète — a sans doute contribué au succès du groupe. Mais c’est surtout la qualité des mélodies et des instrumentations, très travaillées, qui a assuré le triomphe phénoménal de la formation en Europe grâce à des titres cultes :

  • Daddy Cool (1976)
  • L’inoubliable Sunny (1977)
  • Ma Baker (1977)
  • Leur version du classique reggae des Melodians Rivers of Babylon (1978), qui devint la troisième meilleure vente de 45 tours de toute l’histoire des classements britanniques.
  • Rasputin (1978), une reprise du Painter Man de The Creation (1979), ainsi que les tubes Hooray! Hooray! It’s a Holi-Holiday! (1979), Gotta Go Home (1979) et le sublime El Lute (1979).

Durant la vague disco, Boney M. a vendu environ 50 millions de disques.

Le groupe s’est officiellement séparé en 1985, mais Bobby Farrell a continué à tourner sous le nom de Boney M avec des choristes, devenant l’une des « stars » du RTL Disco Show en tournée dans toute la France. Le 30 décembre 2010, Bobby Farrell est décédé au lendemain d’un concert, à l’âge de 61 ans.

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