Imaginé au Japon en 1871, où il fut appelé jin riki sha, « véhicule tiré à la main », le tout premier pousse-pousse fut importé à Calcutta. En ce temps-là, la ville était le centre politique de l’empire des Indes anglaises, les premiers tireurs de pousses y furent des coolies venus de Chine. La capitale du Bengale occidental ne compte plus guère de Chinois, mais elle est sans doute la dernière ville au monde où circulent encore des pousse pousses inventés durant l’ère coloniale. Rebaptisés « homme-chevaux », ils sont quelques dix mille à tirer de l’énergie de leurs mollets un revenu de misère, partageant avec les cyclopousses – les rickshaws (photo ci-contre) – et les tramways roses le transport des passagers dans la cité orgueilleuse et décrépite.